L'épopée des avions Dassault "Mirage" en Israël - 1er Partie

1 - Introduction
En 1966, Israël commanda 50 "Mirage" 5 pour renforcer ses "Shahak", version simplifier du "Mirage" IIIE.
Suite à la guerre Israelo-Arabes des six jours de 1967, la France décréta un embargo sur les armes, et Israël ne put prendre livraison de ces  "Mirage" 5.Finalement, Israël construisit ses propres "Mirage" 5 en les appelant "Nesher".

Vue du Dessous d'un Mirage III (Shahak)

1 - Prélude à la guerre du Yom Kippour
1.1 - Mission de Reconnaissances en "Shahak"
Selon l'accord de cessez-le-feu qui mit un terme à la guerre d'attrition, le 7 août 1970, aucune défense aérienne égyptienne ne serait déplacée vers l'est et le canal de Suez. Le même jour le Colonel Itshak Nir, chef des opérations du "Bat Squadron", pilotant le Shahak" 99, alla reconnaître le canal:

Canal de Suez (A gauche du canal coté Égyptien et à droite coté Israélien)
"Avant le cessez-le-feu, nous avions commencé à photographier le canal à haute altitude parce que les Égyptiens avaient avancé leurs batteries de missiles antiaériens SA-2 et SA-3. Il était très important pour  nous de connaitre la position de ces missiles, aussi volions-nous très haut....60 000,65 000 pieds, avec des combinaisons de vol pressurisés.
Le matin du cessez-le-feu, j'ai accompli une mission solitaire au dessus du canal, à 60 000 pieds. Les photos révélèrent que les Égyptiens avaient triché en avançant leurs missiles pendant la nuit. Je les ai photographiés tôt le matin, du nord au sud, dès que le soleil l'a permis. Il sont ensuite restés ou il étaient, en nous attendant jusqu'à la guerre du Kippour."

Deux jours plus tard, le 9 août 1970, Nir réalisa une autre reconnaissance du canal  cette fois avec le "Shahak" N°98. Ces reconnaissances continuèrent après le cessez-le-feu. Nir en accompli trois autre, très bas....à 50 pieds !!
Lorsque l'escadron "Bat Squadron" fut dissous, Nir fut affecté à l'escadron "First Fighter Squadron", auquel furent assignées la reconnaissance.
Israël fut aussi survolé par des MIG-25 soviétiques basés au Caire-Ouest à partir de 1971. Les "Shahak" tentèrent de les intercepter, mais sans le moindre chance de succès  Il leur était impossible de parvenir à portée de canon des MIG-25 qui volaient, en outre, à une altitude où les missiles air-air à infrarouges étaient inopérants.
La mission fut transférée aux F-4E " Phantom" et leurs missiles AIM-7 à guidage semi-actif.

MIG-25
Le 23 juin 1972, deux RF-4E israéliens furent envoyés en reconnaissance au-dessus du Nil. En revenant, ils furent accompagnés par deux F-4E et deux "Shahak" du "First Fighter Squadron" dont le leader était le Maj Israël Baharav:

"Nous devions recueillir les avions de reconnaissance qui, à cette altitude, ne pouvaient manœuvrer  et prendre position à 15 km derrière de sorte qu'aucun MIG n'aurait pu attaquer les RF-4E sans nous rencontrer d'abord. Les pilotes des F-4E étaient Adi Bnaya et Eithan Peled. Nous sommes arrivés très bas au dessus de la mer, puis nous sommes montés directement vers le point de rendez-vous.
Des quantités de MIG ont décollé de tous les coins du delta du Nil. Nous les avons vu. Aucun n'a découvert le bon point de sortie de nos avions, sauf deux d'entre eux.
2 MIG-21 se sont retrouvées derrière nous, et ont commencé à se rapprocher. Les ordres du patron de l'IAF, le général "Beni" Peled, étaient clair et nets:
En aucun cas devions-nous abandonner un avion de reconnaissance. Il n'avait pas les moyens de combattre et nous étions son arrière-garde...Mais enfin, il y des limites !!
Les F-4E était devant, nous suivions et ces deux MIG-21 n’étaient pas plus loin qu'à 2500 m derrière.  Il était temps de faire quelque chose. Si nous ne faisions pas face, ils allaient nous descendre. Les "Phantom" n'avaient rien vu, mais moi, si.

Vue du Cockpit d'un "Shahak"
Je volais sur la gauche et je pouvais facilement voir les MIG venir. J'ai annoncé "huit kilomètres , "six kilos","cinq kilos, "quatre kilos","2000 mètre ....
A quatre kilomètres, j'ai demandé au leader, Eithan Peled, d'engager le combat, mais il a demandé au controleur qui nous a refusé l'autorisation. A quatre kilomètre  ça allait encore, donc je n'avais pas insité. Mais maintenant à 2000 mètres j’insistais. Ce coup-ci, le controleur n'a rien répondu. On nous a dit plus tard qu'à ce moment crucial il y avait une panne d’électricité dans le centre de contrôle.  Personne n'avait entendu, personne n'avait donné d'ordre. A 2000 mètres  l'ai décidé de ne plus attendre. J'ai dégagé et j'ai engagé un combat dans une situation parfaitement désavantageuse. Mais si je n'ai pas descendu de MIG, c'est à cause d'un problème de tir. Je tir mal  et je n'ai abattu personne.
Par contre, les F-4E, oui.....
Nous leurs avons mâché le travail. Au moment où j'ai fait face, les MIG ont fait demi-tour.Pour les F-4E, ce fut alors un jeu d'enfant: ils sont arrivés et ont descendu les deux MIG."

La suite dans un prochain Post......

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